La FIAC

De la place Vendôme aux Tuileries, en passant par la place de la Concorde et le Petit Palais, c’est surtout au cœur du Grand Palais que se déroulait la 45eme édition de la FIAC le week end dernier.

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Longtemps réservée à une élite passionnée d’art, désormais la FIAC s’est popularisée et accueille volontiers les plus curieux d’entre nous.

Véritable lieu de rencontre entre les galeristes, les collectionneurs, les conservateurs mais aussi les directeurs de musées, cette foire est devenue un évènement majeur du calendrier artistique international qui place Paris au centre du monde de l’art, le temps d’un week end.

193, c’est le nombre de galeries issues de 25 pays différents qui répondent présent pour cet évènement majeur. La Grèce et le Pérou ont été les nouveaux arrivants de la 45e édition.

Néanmoins, si le Grand Palais est le point de rendez-vous incontournable de la FIAC, il est aussi très intéressant et divertissant de parcourir la Capitale française pour découvrir diverses performances.

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La place Vendôme, par exemple, est chaque année investie par des artistes en collaboration avec la Galerie Perrotin. Cette année, ce sont les étoiles des artistes Elmgreen & Dragset qui ont envahi le sol. Accessible à tous, cette année, ce duo d’artistes nous a présenté cent étoiles de mer échouées sur la Place. A la différence des sculpture monumentales que nous avons l’habitude de rencontrer, ces petites créatures sont, selon la légende, les reflets sous-marins des astres présents dans le ciel. Une belle performance permettant de rappeler que la vie de ces mystérieux êtres est, comme beaucoup d’autres espèces aquatiques, menacée par la pollution.

 

La FIAC Hors les Murs s’étendait jusque dans l’une des suites du récemment nommé Palace Parisien, Le Crillon. L’occasion de visiter à la fois ce sublime écrin luxueux ainsi qu’une sélection d’œuvres inédites de Murakami par exemple.

Pour ma part, je n’avais pas encore eu l’occasion de participer à cette Foire, cette édition a donc été une première pour moi.

Désireuse de découvrir à la fois le Crillon et les œuvres de la Galerie Perrotin, je me suis alors dirigée vers la place de la Concorde. Sur le chemin je me suis arrêtée Place Vendôme pour admirer les œuvres des artistes Elmgreen & Dragset. Malheureusement la visite du Crillon se faisait à 15h… N’ayant pas pu réserver de place (l’évènement était complet), je me suis finalement promenée dans l’hôtel, à la découverte de trésors ! Avec mes amies, nous en avons trouvé ! Nous sommes finalement tombés sur l’artisan du cuir qui s’occupe de sublimer les souliers mais aussi les sacs des clients et clientes du Palace. Une très belle rencontre puisqu’il nous a passionnément raconté son parcours et son métier, des étoiles dans les yeux. Nous sommes donc reparties un petit peu déçues de ne pas avoir pu admirer le salon dédié à la Galerie Perrotin mais satisfaites de notre visite et de notre découverte.

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Mais nous voulions notre revanche, nous nous sommes donc rendu au Grand Palais le Samedi afin de profiter du panorama d’art contemporain et moderne qu’offraient les différentes galeries présentes. Gagosian, White Cube, Templon, Perrotin et tant d’autres galeries présentaient les œuvres de leurs artistes.

Nous y avons découvert des œuvres engagées, comme cette installation « the diffrence between sex and gender » de l’artiste Puppies Puppies, des œuvres monumentales comme celle présentée par la galerie Gagosian de l’artiste Michael Heize, connu pour utiliser des matériaux issus de la nature. Mais aussi des œuvres participatives, comme le Random Triangle Mirror d’Anish Kapoor, présenté par la galerie italienne Massimo Minini. Un miroir composé de pièces de miroir assemblées, une œuvre qui porte bien son nom puisque l’on découvre le reflet de notre corps complètement déformé en se regardant, oeuvre parfaitement actuelle puisqu’elle prône notamment les tendances narcissiques de notre époque où l’individu se place au centre de tout.

A l’année prochaine pour la 46e édition ?

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Gucci Garden

Anciennement musée Gucci, le Gucci Garden prend le relais pour offrir aux amoureux de la marque et aux visiteurs de Florence, une expérience inédite au cœur du Palazzo della Mercanzia.

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Tel un cadeau d’anniversaire, pour les 19 ans de la marque italienne, c’est Alessandro Michele et Maria Luisa Frisa qui décident d’offrir au public du monde entier une immersion totale dans l’univers Gucci.

Un nouvel espace composé de plusieurs pièces, avec au rez-de-chaussée une boutique de produits exclusifs, conçus pour l’évènement. Si vous le voyez partout mais ne le trouvez nulle part, c’est parce que vous n’êtes pas allé à Florence ! Et oui le fameux tote bag rose que l’on aimerait emmener à la plage cet été se trouve bien au Gucci Garden.

C’est en montant à l’étage que vous découvrirez différentes salles d’expositions aux thématiques diverses, révélant les archives de la maison mais aussi les différentes inspirations des directeurs artistiques qui ont participé à la renommée de la maison.

On retrouve dans la salle Guccification le fameux logo GG, reprenant les initiales du créateur de la marque, Guccio Gucci. Un homme florentin d’origine qui, avant de travailler dans la maroquinerie, était porteur de bagages dans de grands hôtels à Londres. Il ouvrira d’ailleurs sa première boutique dans sa ville natale, Florence.

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Si dans la salle Paraphernalia on retrouve tous les codes de la maison tels que le mors, l’étrier, le bambou, mais aussi le logo et tant d’autres clins d’œil empruntés à l’univers équestre, c’est dans la salle Cosmorama que l’on retrouve le portrait du consommateur Gucci.

En déambulant dans les salles on retrouve des créations des directeurs artistiques précédant Alessandro Michele, tels que Tom Ford, avec son univers porno chic ou encore Frida Giannini.

On retrouve notamment de magnifiques pièces faites en peaux exotiques datant des débuts de la marque. Guccio Gucci vendait alors uniquement des bagages, certains clients fortunés venaient avec leurs propres peaux, d’éléphants, de girafe, d’alligator, et les confiaient au créateur afin qu’il produise une pièce exclusive sur mesure.

Un superbe jeu sur le passé et le présent rythme l’exposition. Si de somptueuses fourrures sont d’ailleurs exposées, c’est parce qu’il s’agit de pièces qui ne feront plus partie de l’avenir de Gucci puisque la marque s’est engagée pour la cause animale en bannissant la fourrure de ses ateliers de création.

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Si vous cherchez encore le « Garden » en sortant du bâtiment, c’est que vous n’avez pas bien regardé les murs. Effectivement, c’est Jayde Fish, Trevor Andrew ou encore Coco Capitan qui ont dessiné et peint les murs du musée retraçant notamment la faune et la flore si chères à Alessandro Michele.

Pensez à réserver à l’avance pour déjeuner ou diner à l’Osteria, orchestrée par le chef étoilé Massimo Bottura. L’occasion de finir cette sublime découverte artistique, mode mais aussi gastronomique, dans un univers hypnotique.

 

 

 

 

10 Corso Como

Déjà évoqué dans l’article précédent au sujet de la ville de Milan, 10 Corso Como est l’un des précurseurs du concept store.

A l’origine, Carla Sozzani ouvrait en 1990 une galerie dédiée à la photographie, l’art et le design au 10 rue Corso Como. Sa galerie se transformera en 1991 en concept store et portera le nom de sa rue.

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Si l’on reconnait son logo, un cercle noir et blanc, tourbillonnement de formes arrondies et de boucles, c’est parce que Kris Ruhs l’a rendu iconique. L’artiste américain a notamment designé l’ensemble du concept store dont la magnifique terrasse qui se trouve en rooftop. Un mélange de céramique, de métal, une union entre la nature et l’art, cette terrasse ouverte en 2010 est notamment un oasis de paix pour les oiseaux sédentaires et en migration. Des présentations de livres, et autres petits évènements y sont régulièrement organisés.

De la mode au design, en passant par la musique, l’art, la photo et le lifestyle, on retrouve dans ce lieu une union culturelle et commerciale qui promeut le slow shopping.

Pour la mode, Carla Sozzani ne s’attache pas aux noms des marques mais à leurs créations. Depuis peu l’homme et la femme sont mélangés, on y trouve plus de 100 marques, de Martin Margiela, à Comme des garçons. Ce sont d’ailleurs avec eux qu’elle a commencé à travailler il y a 30 ans, bien avant qu’ils n’aient la notoriété acquise aujourd’hui.  Avec ces créateurs, elle a amené le minimalisme à Milan. Un minimalisme qui dialogue avec la décoration beaucoup plus excentrique du lieu.

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Si ce lieu renferme mode et culture, on peut aussi y déjeuner. Le garden café est un lieu de quiétude où il fait bon de se détendre. Une terrasse envahie par la nature, fleurs et plantes de saison. A l’intérieur, on trouve le restaurant qui donne sur la cour. Vous trouverez sur la carte risotto, pasta, poissons et viande ainsi que des jus fraîchement pressés.

Concernant les expositions, elles changent tous les trois mois, le but étant de présenter des œuvres et des artistes hors du commun. Cela permet d’attirer une clientèle différente de celle de la boutique. L’exposition fait alors le tour du monde, dans différentes galeries mais aussi dans les différents Corso Como puisque depuis 2008 le concept store a ouvert à Séoul, puis Shangai et Bejing. Il va par ailleurs ouvrir à New York dans le quartier de Brookling au courant de l’année 2018.

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Pour ceux qui ne savent pas où loger à Milan, sachez que 10 Corso Como met à disposition 3 sublimes chambres d’hôtel. Un lieu original où séjourner, un oasis de quiétude, de culture et de mode !

 

Subodh Gupta à la Monnaie de Paris

De la peinture à la performance, la vidéo, la sculpture ou encore la photographie, Subodh Gupta, s’intéresse à toute forme d’art. Lieu propice de rencontre et de débat entre le spectateur et son œuvre, il investit la Monnaie de Paris avec plus de 30 créations dont 2 réalisées pour l’exposition in situ.

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« Adda » qui signifie rendez-vous en Hindi, est le nom donné à cette exposition, ce dialogue, entre la Monnaie de Paris, institution Française qui produit des pièces métalliques depuis plus de 1 150 ans et les œuvres de l’artiste qui transcende cette matière pour en faire des sculptures. L’art contemporain questionne le lieu et le monde qui nous entoure. Qu’il s’agisse de tableaux, de vidéos ou de performances, il investit des lieux de patrimoine pour créer une certaine correspondance entre l’histoire d’hier et d’aujourd’hui.

C’est ce qu’a choisi de faire Subodh Gupta avec ses sculptures emblématiques composées d’ustensiles de cuisine en inox que l’on retrouve dans la plupart des foyers indiens de classe moyenne. La plus connue d’entre elles, « Very Hungry God » occupe le salon principal de l’institution, mise en exergue par le carrelage noir et blanc de la pièce et ses nombreux points de lumière. L’œuvre n’est plus cet objet de contemplation, elle joue avec les éléments qui l’entourent et devient alors une forme d’expérience pour le spectateur qui ne peut se contenter de seulement voir.

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Crée en 2006 à l’occasion de la Nuit Blanche de Paris, à l’Eglise Saint-Bernard, il va le soir même de l’ouverture cuisiner une soupe indienne et la distribuer aux travailleurs sans papiers qui occupaient alors l’Eglise. Cet acte vient parfaitement compléter son œuvre, qui évoque l’abondance des mondes riches en contradiction avec la quête perpétuelle de nourriture et de chaleur de certaines populations. Le collectionneur François Pinault fera l’acquisition de cette œuvre qui deviendra la signature de l’artiste.

Passionné de cuisine, Gupta présente au travers de ses créations la culture indienne et ses plats traditionnels. On y découvre le pétrissage de la pâte à pain, qui devient son œuvre « Seven Billion Light Years ». Si les objets utilisés par l’artiste sont libérés de leurs fonctions et mis à l’arrêt par leur transfiguration en bronze ou en laiton, c’est parce qu’ils sont porteurs d’une histoire. L’artiste est fasciné par l’aspect rutilant de cette vaisselle peu onéreuse qui symbolise la prospérité. Il compare les ustensiles de cuisine déformés par les cuissons à des astres. Ses œuvres les plus récentes font de la nourriture une allégorie de l’univers et du cosmos.

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Le cosmos est aussi prépondérant dans son œuvre « Anahad » qui transforme un signal sonore en une intense vibration faisant soudainement trembler les panneaux métalliques disposés dans la salle. Le visiteur voit alors sa silhouette se déformer et ne faire plus qu’un avec ce qui l’entoure. Une vibration cosmique qui n’a ni début, ni fin, qui transcende l’espace et le temps.

Enfin, l’exposition se poursuit dans la cour intérieure de la Monnaie de Paris, où l’on retrouve des sculptures monumentales dont « People Tree », conçue par l’artiste spécialement pour l’occasion. Inspiré de Marcel Duchamps et de son « readymade », Subodh Gupta évoque au travers de ces matériaux une multitude de métaphores socioculturelles.

L’exposition se déroule 11 quai de Conti jusqu’au 26 Aout 2018 !

Les puces du Design, Design Fair Paris

Depuis 1999, les puces du design, désormais renommées Design Fair Paris, sont un marché incontournable pour les amoureux de mobilier, luminaires, mode ou objets en tous genres.

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Entre contemporain et vintage, cet événement bisannuel qui a lieu en novembre et mai, présente un choix électif de pièces de qualité.

Tenancier d’une boutique-galerie rue Montorgeuil, c’est Fabien Bonillo qui organise pour la première fois en 1999 une brocante de design vintage, datant des années 1950 à 2000 dans le passage du Grand Cerf à Paris.

Amateurs ou professionnels, chacun y trouvera son compte. Populaire et conviviale, vous pouvez vous y rendre en famille ou entre amis.

Une cinquantaine d’exposants sont réunis ; qu’ils soient galeristes, artisans, ou créateurs. Nous avons eu le plaisir d’échanger avec certains d’entre eux.

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Basée entre Paris et Stockholm, la marque Desplans est créé en 2015 par Albane Cartier-Bression, Guillaume Dubois et Jérome Malper. Leur but ? Donner de l’importance, magnifier et mettre en avant les croquis et documents conservés par les agences d’architecture. Des dessins pour la plupart précieux mais très peu valorisés. Si leur souhait est de montrer l’envers du décor, sans se limiter à la forme finie d’un bâtiment, c’est pour mieux valoriser la création qui gravite autour d’un projet qu’il s’agisse de dessins, de croquis ou simplement d’idées couchées sur un papier.

Quelques pas plus loin nous avons découvert un créateur de verre, Verart. A l’origine, spécialisée dans la verrerie de laboratoire, la Verrerie Dumas donne naissance à la marque Verart, en 2011, en mettant savoir-faire et dextérité au service du design.  Alambics, cornues, fioles et autres appareils de mesures portent des noms qui souvent nous rappellent nos cours de chimie au lycée, et sont source d’inspiration des designers de la maison. C’est l’artisanat qui est encore une fois mis au service du design et de l’art.

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Enfin, nous sommes allés à la rencontre de la marque “Imprime moi un mouton”, une marque entièrement basée sur l’impression 3D. Engagée dans une démarche écologique et sans déchets, la production est faite à la demande. Uniques, les pièces réalisées peuvent être personnalisées ou customisées. Du bijou à l’abat-jour, la conception 3D permet de créer des textures, motifs ou encore des formes originales et innovantes que la main de l’homme aurait du mal à réaliser. C’est cette fois-ci la technologie qui est mise au service du design.

Le prochain rendez-vous est donc en Novembre, à vos agendas !

AD matières d’art

Savoir-faire, passion et minutie, c’est au Palais d’Iena, un lieu d’exception, qu’il faut vous rendre ce week end pour découvrir l’exposition AD matière d’art.

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Dédiée aux artisans et aux créateurs, cette exposition regorge de surprises. Elle est le tremplin idéal pour encourager et mieux faire connaitre ces métiers d’art qui pourtant font partie de notre quotidien.

C’est au coeur d’une scénographie monumentale imaginée par Vasken Yéghiayan que plumassiers, brodeurs, tisseurs mais aussi verriers, ont mis en exergue leurs plus belles créations.

S’ils subliment la matière en travaillant le bois, le cuir, le verre ou encore la céramique, c’est pour mieux illustrer la virtuosité et l’originalité avec laquelle  on peut pratiquer leurs métiers.

Plus de 46 talents ont alors été sélectionnées par l’équipe d’AD magazine que nous avons eu la chance de rencontrer lors d’une superbe conférence au sein de notre école.

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C’est en sortant des sentiers battus et en modernisant leurs techniques traditionnelles, que ces artisans au talent indéniable remettent au gout du jour des métiers ancestraux souvent méconnus du grand public.

Je suis allé à la rencontre de ces personnes au parcours aussi passionnant que leurs art. Souvent issus de l’industrie de la mode, ils jouent avec les codes et les modes de vie contemporains pour redéfinir l’esthétisme actuel.

Auparavant plumassier pour la célèbre Maison Lemarié, Eric Charles Donatien se sert de son expérience acquise dans le monde de la mode pour l’amener dans le design et proposer des choses inattendues. L’adaptabilité, c’est son mot d’ordre : Il faut savoir percer le besoin dans la tête du client et s’adapter en fonction de ses envies tout en restant dans une charte graphique unique et personnelle. De la feuille d’or, du fil et des plumes, cela parait simple et pourtant les doigts de cet artisan ont transformé ces matières nobles en compositions époustouflantes de beauté.

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Pour Eva Bellenger, c’est dans les ateliers de broderie de haute couture qu’elle a fait ses premières expériences. Inspirée par la nature, elle ouvre son propre atelier de tissage et de broderie en 2016 pour créer ses propres collections de tissus. Le lurex, le cuivre et le bois sont des matières qu’elle expérimente en parallèle du lin et autres matières naturelles qu’elle privilégie dans ses créations. Son travail est remarquable de finesse et de précision, c’est pour moi un véritable coup de coeur. J’ai beaucoup apprécié de pouvoir échanger avec cette jeune artiste tout aussi passionnée que passionnante.

Il s’agit de la première édition de cette exposition matière d’art organisée par AD magazine. Vous avez jusqu’au 1 er Avril pour la découvrir gratuitement, profitez en !

Exposition Vendôrama

L’exposition Vendôrama, s’est tenue dans les jardins de la Monnaie de Paris à l’occasion des 160 ans de la Maison Boucheron. Une exposition riche tant par l’histoire et les sublimes parures qu’elle présentait, que par la scénographie immersive proposée.

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Vendôrama, un nom pour le moins original pour une exposition. Il s’agit d’un néologisme formé de « panorama » et « Vendôme », deux mots qui qualifient le lieu de naissance de la marque Boucheron au sein de la mythique place joaillère de Paris.

C’est une oeuvre architecturale éphémère qui a abrité l’exposition. En rupture totale avec les codes esthétiques classiques qu’offre la Monnaie de Paris, cette bulle moderne translucide rend hommage aux expositions universelles.


Un véritable voyage dans le temps grâce à la scénographie moderne que proposent les figurants. Scène de théâtre, performance interactive, et expériences digitales inédites sont mises en scène au coeur d’une flore artificielle.

Entre jungle sauvage et bibliothèque d’archives, le visiteur découvre les collections mythiques de la marque en quatre temps. L’étape initiale présente l’inspiration du joaillier, étape indispensable à la création, représentée par une sélection de livres originaux et d’objets d’art. Des trésors qui inspirent encore aujourd’hui le studio de création. Vous pourrez alors feuilleter un immense journal digital dont les pages animées racontent l’histoire de Frédéric Boucheron.

Un bijou peut-il prendre vie ? C’est la découverte des esquisses du joaillier et des secrets de fabrication de la maison qui vous donneront réponse à cette question. Mettez-vous dans la peau du lapidaire, du joaillier, du sertisseur et du polisseur, au travers des tableaux digitaux pour mieux comprendre les secrets de création de la maison.

Au coeur de la jungle sauvage, c’est la collection bestiale qui est mise en scène. Pensez à télécharger l’application Vendôrama pour découvrir au travers de votre écran Wladimir, le célèbre chat de Gérard Boucheron. Il vous donnera de petites anecdotes sur la marque.


Enfin la dernière étape de l’exposition est dédiée aux collections Quarte et Reflet. Deux collections emblématiques de la marque, mise en valeur dans de superbes colonnes de miroir. Et pour clore le parcours, rendez vous sur la Place Vendôme virtuelle pour réaliser votre mini vidéo 360 que vous pourrez ensuite partager sur les réseaux sociaux.

La marque Boucheron, a su prendre le contre-pied des expositions auparavant réalisées par ses voisins avec un format inédit mettant en avant la modernité et la digitalisation.

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Hermès, à tire-d’aile

35 ans de travail, de 1978 à 2013, Leila Menchari donne vie aux vitrines d’Hermès 4 fois par an, rue du Faubourg Saint Honoré.

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Diplômée des Beaux Arts de Paris, la jeune femme se consacre quelque temps au mannequinat avant de faire carrière au sein de la maison Hermès.

Installateur, puis étalagiste, Leila Menchari donne un nouveau nom au métier qu’elle exerce : décoratrice. Elle crée alors des univers oniriques, somptueux et délicats en mettant en lumière le savoir-faire unique des artisans de la maison.

Les décors présentés au Grand Palais ne sont pas exactement conformes aux originaux, c’est une volonté de Leila qui voulait avant tout créer un nouveau voyage.

Son goût pour l’artisanat la pousse a créer des décors aux inspirations d’ici et d’ailleurs. La première vitrine que l’on découvre est inspirée de l’Afrique, le continent de sa naissance, puisqu’elle est originaire de Tunisie. On y retrouve des crânes sculptés en bois et en os. De magnifiques baobabs façonnés par des artisans de Madagascar. Quelques objets ramenés d’un voyage, comme le grand panier tressé, tout droit venu du Japon. Mais les éléments qui font encore plus rêver sont la selle et le sac bridé avec un fil de soie et d’or. Le rendu est saisissant de délicatesse et de précision. La décoratrice joue avec les motifs géométriques et naturels comme le léopard.

La deuxième vitrine est quant à elle plus épurée. On y trouve une inspiration de la Méditerranée avec une vague en marbre très blanc qui donne cette impression de pureté et de légèreté. Le sac qui s’apprête à sombrer sous les eaux est en porcelaine, une matière très fragile. Il est pourtant magnifiquement exécuté ici. J’ai beaucoup aimé cette vitrine, peu chargée et pourtant si impressionnante de par sa délicatesse et ses couleurs.

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Plus baroque, la troisième vitrine est composée de panneau de bois, d’un paravent en cuir et de trônes en bois sculpté recouverts de feuille d’or pour l’un et d’argent pour les autres. La pochette quant a elle est brodées de perles et mise en avant sur un repose pied. Enfin on retrouve une touche de couleur vive avec un corail au centre de la table basse qui atténue l’extravagance de l’argenté. De magnifiques fourrures recouvrent le trône de droite sur lequel on aimerait prendre place.

La quatrième vitrine est elle aussi très impressionnante puisqu’elle est façonnée d’améthyste, au coeur de laquelle se trouve un pégase en cristaux de souffre. Leila Menchari avait un rapport particulier aux couleurs, qu’elle désigne de façon très précise. Si pour vous cette vitrine est mauve et jaune, pour elle, elle est améthyste et citronnelle.

Crée en 2008, la vitrine suivante, qui est celle que j’ai préférée, représente un somptueux palais d’été. Fontaine en marbre, bas reliefs et coloris crème donnent un ton très apaisant et fascinant à ce décor. Les sacs de voyage aux imprimés floraux que l’on croirait faits en tissu sont en réalité en cuir de chèvre, brodés par laser. Une technique très spéciale et avant gardiste. On retrouve bien cette mise en avant de l’artisan avec ces sublimes détails.

La vitrine suivante, tout de rouge vêtue, représente la gorgone. Ici Leila Menchari joue sur l’asymétrie. La selle au centre du décor est en crocodile nacré qui donne des reflets colorés. Devant, les coraux rouges donnent cette impression de barrière naturelle révélant de superbes ombres portées.

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La caverne d’alibaba est la seconde vitrine pour laquelle j’ai eu un véritable coup de coeur. Les détails sont nombreux et fascinants. Les toiles d’araignée sont réalisées en résine et brodées de  multiples Swarovski. Sans parler des sacs Kelly recouverts de plumes de paon. Le tout dans une structure en velours de soie qui donne cet effet mousseux au décor.

Enfin la dernière vitrine paraît plus contemporaine, on y trouve un cheval fait de bois recouvert de fines couches de métal. Une véritable invitation au voyage, cette vitrine veut nous mettre le pied à l’étrier pour partir à la découverte de contrées lointaines comme l’a fait Leila Menchari.

Jusqu’au 3 décembre 2017, venez découvrir les univers de Leila Menchari. L’exposition qui se trouve au Grand Palais est très bien présentée, puisqu’en plus d’être gratuite, des personnes vous guideront et vous expliqueront chacune des oeuvres mises en place.

 

La Galerie Perrotin, Julio Le Parc et Daniel Arsham

Après Murakami en Septembre 2016, c’est Julio Le Parc et Daniel Arsham que j’ai eu le plaisir de découvrir à la Galerie Perrotin.

Depuis plus de 30 ans la Galerie Perrotin accompagne de jeunes artistes à Paris, New York, Tokyo mais aussi Hong Kong et Séoul.

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C’est à Paris, dans un hôtel particulier du 18e siècle, d’une élégance raffinée, que ces artistes sont exposés. Certains d’entre eux sont soutenus par Emmanuel Perrotin depuis plus de 25 ans, afin de réaliser et surtout de poursuivre leurs rêves et projets.

De l’Art Basel au Frieze à Londres en passant par la FIAC de Paris mais aussi Art Cologne, et Art Fair, le travail de la Galerie ne s’arrête pas là, puisqu’elle participe à une dizaine de foires par an. Un travail colossal mais très enrichissant à la fois pour les artistes mais aussi pour la Galerie.

Pour Julio Le Parc, cela fait plus de 7 ans qu’il travaille main dans la main avec la Galerie Perrotin. A 89 ans, l’artiste regagne l’intérêt du public avec son art cinétique.

Des jeux de rythme et un amour pour les mathématiques : l’artiste commence toujours en noir et blanc pour arriver à la couleur. Il va jusqu’à fabriquer ses propres embouts de pinceaux pour pouvoir superposer les points qu’il peint à l’acrylique.

Avec une combinaison de 14 couleurs, il ajoute, en fonction du rythme mathématique, les couleurs, et crée alors une harmonie. Il utilise l’acrylique car elle sèche vite et évite donc les bavures. Apparaissent alors, à partir de ces points des motifs de croix que l’on décerne après une longue observation de la toile.

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En 1960, il utilisera le plexiglas comme médium. Celui-ci permet de travailler la sculpture tout en ayant des couleurs vives. Le but étant que son oeuvre change en permanence avec la lumière mais aussi la suspension.

Plus tard, en 1992, il ajoutera à ses oeuvres des éléments architecturaux et industriels et remportera un lion d’or à la Biennale de Venise. Conscient qu’il a encore beaucoup de choses à expérimenter, il refuse une rétrospective que Beaubourg lui propose, ce qui lui attirera quelques mauvaise critiques.

Après les modulations et les torsions découvertes au fur et à mesures des salles de la Galerie, le spectateur se prête au jeu en entrant dans une salle où il vaut mieux ne pas pénétrer si l’on est épileptique. Miroirs et rayures blanches et noir jouent sur l’apparence, tantôt l’on se voit tantôt l’on se perd, puisque les miroirs tournent et renvoient l’image des murs à rayures. C’est une expérience que j’ai appréciée, c’est amusant, et l’artiste permet au visiteur d’expérimenter lui-même l’oeuvre et de recueillir alors ses propres sensations procurées par l’art.

On retrouve quelques pas plus loin des gouaches peintes à son arrivé à Paris.  Originaire d’Argentine et n’ayant que peu de place dans son studio, il se résout a peindre des petits formats.

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Amusez vous à essayer le casque de réalité augmentée, une oeuvre que Julio Le Parc à réalisé avec son fils Juan Le Parc pour une immersion complète dans l’art cinétique ! C’est déstabilisant et amusant à la fois. J’ai beaucoup aimé cette idée de technologie au service de l’art. C’était une première pour moi puisque je n’avais encore jamais essayé de casque à réalité augmentée avant celui-ci.

En descendant quelques marches vous découvrirez, plus loin dans la galerie, le travail de Daniel Arsham, artiste américain de 37 ans qui s’amuse à développer les objets du futur.

Ce que l’on ne suspecte pas lorsque l’on observe ses oeuvres et les couleurs fluo qu’il utilise, c’est que l’artiste est en réalité daltonien.

Nounours, chiens et autres peluches sont moulés avec,  à l’intérieur, du quartz rose donnant des répliques du futur que l’on aurait retrouvées sur une planète abandonnée. Attendrissant et étonnant à la fois. J’ai beaucoup aimé son installation avec des petits tas de sable minutieusement éparpillés dans la salle, recouverts de couleur fluorescente qui s’atténue de plus en plus pour n’être plus que blanc. Et cette moulure avec l’inscription TIME que l’on croirait sortie du mur et qui s’impose à nous de façon brusque mais pure à la fois, puisque la couleur blanche et le plissé atténuent l’imposant mot.

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L’influence japonaise de sa femme et sa curiosité pour cette culture le mènent à travailler le sable et les motifs japonais. On retrouve alors des oeuvres faites de sables composés de ronds représentant le centre de la terre avec, autour, des traits qui quant à eux symbolisent les rivières et donc la vie.

Il va jusqu’à collaborer avec la NASA  pour obtenir la meilleure maquette de représentation d’une exo-planète qui lui permet de faire des moulages et de créer ses grandes sphères fluorescentes.

Enfin,  la dernière pièce présente son travail sur le temps où deux appareils photos sont introduits dans un grand sablier rempli de poudre de cristaux mélangés au quartz. Un travail que j’ai beaucoup apprécié, très précis puisque le sablier fait sur mesure doit être minutieusement soufflé pour laisser passer le sable dans un temps de 20 minutes. Un beau message sur l’importance qu’a le temps dans notre vie et la prise de conscience de son emprise sur nos actes et sur nos décisions.

Une belle exposition et de jolies découvertes à expérimenter jusqu’au 23 Décembre.

Exposition Irving Penn

Après Guy Bourdin, exposé au coeur de la maison Chloé cet été, c’est à la rencontre de l’un des maitres de la photographie du 20ème siècle : Irving Penn, que je suis allée.

Soixante-dix années de carrière, 240 tirages, un photographe. Une exposition qui retrace la carrière mais aussi la vie de l’Américain dans l’antre du Grand Palais.

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Si les sujets majeurs de son travail sont la mode, les natures mortes, les portraits, les nus et les scènes de rues, l’artiste était aussi très inspiré par les «petits métiers » qu’il a notamment photographiés en 1950.

D’abord assistant chez Harper’s Bazaar, l’homme débute avec son premier Rolleiflex en 1938. Des photographies peu ordinaires, messagères d’une atmosphère triste et austère, dû à la dépression économique.

En 1943, le magazine Vogue fait irruption dans la vie de l’artiste, avec une commande de natures mortes. Au travers de ses compositions, Irving Penn raconte des histoires et invite le spectateur à y déceler une trace de vie. Ces travaux m’ont beaucoup intriguée. On cherche une certaine cohérence entre les aliments, les couleurs et les objets disposés sur une table ou contre un mur. C’est le début d’une longue collaboration entre l’homme et le magazine puisqu’il y travaillera durant 60 ans et réalisera entre 1953 et 2004 plus de 165 couvertures, soit plus qu’aucun autre artiste.

Il participera à la Seconde Guerre Mondiale. Par après, le Directeur Artistique de Vogue lui demandera de réaliser des portraits de personnalités. Si les modèles sont désignés, le photographe a carte blanche en ce qui concerne les décors et l’éclairage. Ce sont ces portrait dépouillés de toute sophistication qui feront sa renommée.

En 1948, Vogue l’envoie à Lima, la capitale du Pérou, pour expérimenter la photo de mode en extérieur. Ses oeuvres sont témoins de la richesses de certaines traditions que l’on retrouve dans ses clichés pris à Cuzco, où des habitants en costumes traditionnels posent 3 jours durant.

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Quelques années plus tard, Irving Penn réalise une série intitulée « les cris de la rue». Des métiers immortalisés à Londres, Paris et New York. Le boucher, le boulanger, le sellier et de nombreux autres corps de métiers se prêtent au jeu. J’ai trouvé cette série amusante. Les objets utilisés par les protagonistes sont très peu subtils. Le message est clair, et le parti pris est évident. Irving Penn joue plus sur les expressions de ses modèles que sur leurs accoutrements, même si ceux-ci ont une place non négligeable dans les compositions. Il faut déceler dans chacun des regards, chacune des postures, les différentes émotions transmises et changeantes en fonction des professions.

L’artiste veut que ses portraits aient le même impact et la même force que des tableaux de Goya. C’est notamment pourquoi il n’est pas satisfait tant que son sujet ne s’est pas livré sur un terrain sensible, révélant un secret intime et donnant une toute autre dimension à l’intensité d’un regard, d’une pose.

Depuis ses début, c’est le nu féminin qui l’inspire. Il y consacre d’ailleurs une série complète. Entre sensualité et générosité de la chair, l’homme sculpte les corps par ses jeux de lumière.

Aussi sensible aux hommes qu’aux objets, il fera de la cigarette une série complète. Un sujet qui lui inspire le dégoût et le mépris puisque son mentor, Alexey Brodovitch décèdera d’un cancer du poumon. Il considère le mégot comme étant un résidu de plaisir consumé et éphémère.

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L’exposition se clôt sur des portraits d’écrivains, d’artistes, de couturiers et d’autres personnalités du monde de la culture. J’ai beaucoup aimé son portrait d’Issey Miyake, où seule une face de son visage est mise en exergue par la lumière. Cela donne un côté mystérieux au créateur. Ne sachant pas comment l’aborder, on se plonge dans l’obscurité à la recherche de détails et d’indices qui pourraient révéler des informations sur le protagoniste. De la rue au studio, l’homme est itinérant tout au long de sa carrière, s’adaptant à tout individu, toute culture et tout lieu, aussi impromptu soit-il.

Au travers de son objectif, il a su sublimer le vêtement, la femme et l’objet, leur donnant une intensité unique. J’ai particulièrement aimé ses cadrages surtout au début de l’exposition, avec des hors champs dynamiques et des compositions particulières guidant le regard vers un point précis.

« Le photographe moderne retrouve une part de lui-même dans chaque chose et une part de chaque chose en lui-même »

L’exposition est à découvrir jusqu’au 29 janvier 2018 au Grand Palais.