Les 100 chefs d’œuvres de l’art moderne et contemporain arabe

C’est la Fondation Barjeel, une fondation privée des Emirats arabes unis qui a choisi de rendre hommage à l’énergie créative de la scène artistique arabe de Baya à Kader Attia en investissant l’Institut du monde arabe.

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Présenté pour la première fois en France, cette exposition retrace l’histoire de la création arabe depuis la seconde moitié du XXe siècle.

Si la scénographie évoque les salles de musées, le parcours de l’amateur d’art est rythmé par les recherches menées sur la lettre arabe.

S’en suivent de nombreux portraits qui tantôt reflètent la condition de la femme en Arabie Saoudite, tantôt la solitude et la mélancolie de personnages.

Inspirés de Duchamp, mais aussi du mouvement Fluxus, ces artistes s’emparent d’objets du quotidien pour concevoir des installations et réaliser des performances critiquant la société de consommation.

Adel Abdessemed, Hassan Sharif, Mohammed Cherkaoui, Marwan Kassab Bachi, Kader Attia, Rachid Koraichi, Etel Adnan, ce sont les noms des artistes majeurs de l’exposition.

Si le collectionneur a choisi pour parti pris le rapprochement des œuvres, c’est pour mieux tisser des comparaisons, des liens entre les différents artistes.

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Il s’agit alors d’une véritable instrumentalisation de l’art, puisque les visiteurs interprètent les œuvres selon leur angle d’approche. Un cadre intimiste qui permet au visiteur de mieux appréhender les détails et la matérialité picturale de chaque tableau.

Installation, photos, peintures, figuration et abstraction, autant de domaines explorés par les créateurs et exposés de manière à mettre en avant l’artiste et sa création.

J’ai pour ma part beaucoup apprécié le travail d’Abdel Abdessemed, Souterrain, une installation de 18 dessins, 18 carnets et 18 pupitres qui décomposent les gestes théâtraux du chef d’orchestre. On se prend au jeu, derrière nos pupitres et nos carnets, on devient alors musicien, pour certains, chef d’orchestre pour d’autres. Une magnifique métaphore qui retranscrit les valeurs politiques de la démocratie où le pouvoir d’un seul chef est transféré au plus grand nombre.

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Amoureuse des grands espaces et de voyages, les collages de Jafar Islah, The Caravan : 5  Stops on the Route m’ont séduite. Au travers de ce carnet de voyage, l’artiste nous convie et nous présente les 5 étapes clé de son périple. Composé de cartes postales, de photographies mais surtout de souvenirs, ces collages interrogent le public, l’invitant à poser un regard personnel et critique sur ce travail.

L’œuvre de Yto Barrada, Téléphone Books m’a beaucoup touchée. Cette série illustre le code imaginé par la grand-mère de l’artiste, illettrée, pour se souvenir des numéros de téléphone de chacun de ses dix enfants. Un hommage intime qui témoigne de la prise de conscience de l’artiste sur la modernisation de son pays, ses retards et ses contradictions.

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Une exposition surprenante, à découvrir jusqu’au 2 Juillet 2017 à l’Institut du monde arabe de Paris.

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