Subodh Gupta à la Monnaie de Paris

De la peinture à la performance, la vidéo, la sculpture ou encore la photographie, Subodh Gupta, s’intéresse à toute forme d’art. Lieu propice de rencontre et de débat entre le spectateur et son œuvre, il investit la Monnaie de Paris avec plus de 30 créations dont 2 réalisées pour l’exposition in situ.

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« Adda » qui signifie rendez-vous en Hindi, est le nom donné à cette exposition, ce dialogue, entre la Monnaie de Paris, institution Française qui produit des pièces métalliques depuis plus de 1 150 ans et les œuvres de l’artiste qui transcende cette matière pour en faire des sculptures. L’art contemporain questionne le lieu et le monde qui nous entoure. Qu’il s’agisse de tableaux, de vidéos ou de performances, il investit des lieux de patrimoine pour créer une certaine correspondance entre l’histoire d’hier et d’aujourd’hui.

C’est ce qu’a choisi de faire Subodh Gupta avec ses sculptures emblématiques composées d’ustensiles de cuisine en inox que l’on retrouve dans la plupart des foyers indiens de classe moyenne. La plus connue d’entre elles, « Very Hungry God » occupe le salon principal de l’institution, mise en exergue par le carrelage noir et blanc de la pièce et ses nombreux points de lumière. L’œuvre n’est plus cet objet de contemplation, elle joue avec les éléments qui l’entourent et devient alors une forme d’expérience pour le spectateur qui ne peut se contenter de seulement voir.

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Crée en 2006 à l’occasion de la Nuit Blanche de Paris, à l’Eglise Saint-Bernard, il va le soir même de l’ouverture cuisiner une soupe indienne et la distribuer aux travailleurs sans papiers qui occupaient alors l’Eglise. Cet acte vient parfaitement compléter son œuvre, qui évoque l’abondance des mondes riches en contradiction avec la quête perpétuelle de nourriture et de chaleur de certaines populations. Le collectionneur François Pinault fera l’acquisition de cette œuvre qui deviendra la signature de l’artiste.

Passionné de cuisine, Gupta présente au travers de ses créations la culture indienne et ses plats traditionnels. On y découvre le pétrissage de la pâte à pain, qui devient son œuvre « Seven Billion Light Years ». Si les objets utilisés par l’artiste sont libérés de leurs fonctions et mis à l’arrêt par leur transfiguration en bronze ou en laiton, c’est parce qu’ils sont porteurs d’une histoire. L’artiste est fasciné par l’aspect rutilant de cette vaisselle peu onéreuse qui symbolise la prospérité. Il compare les ustensiles de cuisine déformés par les cuissons à des astres. Ses œuvres les plus récentes font de la nourriture une allégorie de l’univers et du cosmos.

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Le cosmos est aussi prépondérant dans son œuvre « Anahad » qui transforme un signal sonore en une intense vibration faisant soudainement trembler les panneaux métalliques disposés dans la salle. Le visiteur voit alors sa silhouette se déformer et ne faire plus qu’un avec ce qui l’entoure. Une vibration cosmique qui n’a ni début, ni fin, qui transcende l’espace et le temps.

Enfin, l’exposition se poursuit dans la cour intérieure de la Monnaie de Paris, où l’on retrouve des sculptures monumentales dont « People Tree », conçue par l’artiste spécialement pour l’occasion. Inspiré de Marcel Duchamps et de son « readymade », Subodh Gupta évoque au travers de ces matériaux une multitude de métaphores socioculturelles.

L’exposition se déroule 11 quai de Conti jusqu’au 26 Aout 2018 !

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